Toute personne a droit à la présomption d’innocence

Toute personne a droit à la présomption d’innocence

 

 

Retour sur une affaire controversée

 

L’islamologue et théologien suisse est mis en examen pour deux accusations d’acte immoral est incarcéré depuis le 2 février à la prison de Fleury-Mérogis dans le département de l’Essonne à Paris.

Tariq Ramadan, avait récemment réclamé sa remise en liberté pour raison de maladie ; en effet, il souffre depuis quelques années d’une sclérose en plaques et d’une neuropathologie touchant ses membres inférieurs. Le médecin désigné par la Cour d’appel de Paris, a cependant conclu que son état semble ‘‘ a priori ’’ compatible avec sa mise sous écrou. La défense de l’intellectuel genevois conteste par ailleurs, la réalisation d’un examen médical sommaire et pas sérieux, tout en révélant que le médecin désigné ne disposait pas du dossier complet de son patient. À cet effet, un nouveau un nouveau bilan neurologique complet et régulier a été ordonné par la justice en vue d’un examen ultérieur.

 

Une vague de soutien

 

Suite à cette décision, le professeur à la prestigieuse Université d’Oxford, a bénéficié d’un immense élan de soutien de la part des rangs musulmans en Europe et en France notamment. Ces derniers estiment que son droit à la présomption d’innocence a été bafoué et que son état de santé ne permettant pas un maintien en détention a été négligé.

C’est sur internet que se mobilisent plus encore les partisans de Tariq Ramadan. Celui-ci peut désormais compter sur des centaines de milliers de soutiens à travers le monde.

Le mouvement multilingue et transnational, Résistance & Alternative, a été ainsi crée en fin janvier afin de promouvoir la ‘‘ pensée ’’ du théologien qui mène toujours un discours réformiste quand ses détracteurs lui reproche une proximité avec l’islam radical.

Avec le hashtag #FreeTariqRamadan qui a été mentionné des centaines de milliers de fois, on peut constater sur Twitter le soutien massif dont bénéficie le professeur.

Le comité de soutien au conférencier a récemment lancé une pétition en ligne sur le site Change.org et réclamant sa libération immédiate, compte à ce jour près de 120 000 signatures.

Les organisateurs de cette pétition, dénoncent la sévérité particulière du traitement (médiatique et judiciaire) réservé eu prédicateur, et pointent’‘ une affaire qui souffre de graves dysfonctionnements et diverses contradictions ’’. Ils affirment de même, avoir en leur disposition des éléments de preuve d’implications confidentielles de certaines personnalités judiciaires et politiques de haut niveau.

 

 

Sur sa page Facebook, le comité partage régulièrement les deux vidéos de madame Iman, l’épouse du quinquagénaire depuis plus de trente ans.

Elle fait preuve d’un soutien et d’un dévouement indéfectibles. Elle déplore dans sa première apparition face caméra qui a atteint les 700 000 vues, ‘‘ une vraie volonté politique et médiatique de garder mon mari derrière les barreaux ’’.

Une campagne de Crowdfunding (financement participatif), vient en plus d’être lancée par les proches de l’islamologue afin de couvrir les frais de justice et faire face au combat médiatique mené contre lieu. En seulement quelques jours, elle a recueilli plus de cent mille euros.

Parmi les soutiens, on compte également des figures de l’anti-racisme militant et de l’islam, tel que Nabil Ennasri, Marwan Muhammad et la controversée Houria Bouteldja. De leur côté, les imams longtemps prudents concernant cette affaire, ont revendiqué dans une tribune la libération du théologien qui serait victime selon eux d’un ‘‘ violent lynchage politico-médiatique ’’. Ils tiennent cependant à condamner de manière ferme les intimidations et menaces adressées aux deux plaignantes depuis l’ouverture de l’enquêté.